charte d’utilisation de la Matériauthèque

1. Contexte associatif

Philosophie et politique de l’Alternateur

 Nous ne nous proposons pas de vivre en-dehors de la société, au sens le plus général du terme, mais de proposer des essais de mise en place d’autres modes de fonctionnements pour chacun.e et entre tou.te.s. Tous les domaines peuvent être concernés, et tout un.e chacun.e peut venir y développer des expérimentations sociales, dans le respect des initiatives déjà en place et des individus.
Nous nous concentrons actuellement sur les formes que peut prendre un fonctionnement collectif, sur l’identification et la déconstruction des schémas de domination au sein d’un groupe, ainsi que sur ce que peut être une économie basée sur la discussion des valeurs (c’est à dire que la valeur des choses n’est pas fixe ni indépendante du contexte mais issue des perceptions individuelles des gens  réciproquement concernés).
Nous considérons que l’intérêt premier est de faire des essais, il n’est pas fondamental qu’ils réussissent ou échouent (aux sens classiques de ces termes) ; ils sont dans les deux cas des expérimentations.
Notre expérimentation passe aujourd’hui par la mise en place d’un dispositif qui a pour but de poser une gestion collective de la matière, des compétences techniques (savoirs-faire et outils) ainsi que des moyens de réflexions (temps, espace, interactions). À notre sens, l’appropriation de ces compétences au sein du groupe permet d’être individuellement et collectivement plus autonomes, ce qui peut constituer une réponse aux questions de dominations évoquées plus haut. Dans ce cas, cette autonomie serait à but de capacité de réflexion, de critique et de choix conscient dans le quotidien.
L’art est essentiel.
Le parti pris politique de l’association est assumé. Nous soutenons tou.te.s celleux qui remettent en question les modalités de l’organisation collective, les systèmes de dominations, ainsi que  l’économie monétaire classique.

Structure de l’association l’Alternateur

La structure de l’Alternateur regroupe plusieurs  fonctionnements, liés entre eux à différents degrés : la matériauthèque, l’atelier, les événements. Chacun de ces groupes est géré par des  groupes de personnes différentes et prend place dans des lieux définis. Le lieu et les individus fondent la cohésion et la cohérence de l’ensemble.
La matériauthèque est un garage collectif, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de privé à l’intérieur (cf. description plus loin). À la différence de l’atelier où ce qui est collectivisé est l’utilisation et les savoirs, mais pas les biens ; il y a du privé à l’atelier.
Les événements (concerts, spectacles, etc) prennent place dans les locaux de la  matériauthèque (la guérite),
du moins en hiver, et utilisent le matériel de la matériauthèque et de l’Alternateur.
L’association l’Alternateur effectue des réalisations en lien avec des groupes extérieurs (scénographies, ateliers pédagogiques et créatifs). Un collectif de fait réalise  actuellement ces actions, il se formalisera peut-être.
 

 2. Introduction à la matériauthèque

 Philosophie et politique de la matériauthèque

Nous ne sommes pas d’accord avec l’état général de surproduction environnant. Et dans ce contexte de surproduction et de flux mondiaux, se salarier pour avoir de l’argent pour avoir des choses, c’est accepter d’exploiter des choses surproduites à bas coût ailleurs. Nous ne voulons pas culpabiliser les individus, et nous acceptons nous aussi de n’avoir parfois pas d’autres choix que d’utiliser ces voies, néanmoins nous posons une critique claire de ce fonctionnement dont nous ne voulons pas. Nous voulons visibiliser, ou au
moins ne pas occulter, ces faits et leurs conséquences sociales et environnementales ; nous voulons réfléchir à cela et proposer une ou plusieurs expériences de  fonctionnements autres.
Il s’agit autant de lutter contre le gaspillage que contre le capitalisme individuel*.
Nous voulons questionner la forme : ce qui nous porte est de gérer la matière autrement, questionner comment on gère la matière au niveau individuel et collectif pour ne pas faire qu’acheter/jeter.
Nous ne considérons pas la matière présente dans la matériauthèque comme du déchet, car ce mot implique qu’il n’y a pas de valeur aux choses. Nous considérons que les rebuts et surplus ici présents ont bien une valeur, même si leur trajectoire dans le circuit commercial les en a dépourvu.
En parallèle, nous refusons toute structuration hiérarchique qui ferait que l’on se sente obligé de satisfaire à des attentes (il ne s’agit pas d’un fonctionnement de type actionnaires/entreprise/salariés ou CA décisionnaire/équipe réalisatrice).

Implications concrètes : la notion de garage collectif

Partant du principe de la réduction des déchets et de la critique du système capitaliste, la proposition vise à ne pas avoir chacun.e la même chose dans des endroits séparés mais à l’inverse, que l’ensemble des biens soient stockés au même endroit. Nous imaginons donc un espace qui permette de collectiviser des biens de façon à ce qu’ils servent plus (moins de stagnation, plus de mouvement des choses car plus d’utilisations).
Nous essayons d’imaginer cet espace non plus comme un magasin (ce qui est le cas avant l’écriture de cette charte) mais comme un espace qui soit tenu en commun. L’idée n’est pas de proposer un service mais de construire un fonctionnement ensemble. L’idée est que chacun.e se serve de cette matériauthèque un peu comme chez « nous », au sens chez « elle.lui » compris. Ou plutôt chez personne, ou chez tout le monde, … comme vous voulez du moment que ça vous évoque que tout un chacun prend part à la gestion de la chose, comme un bien commun.
De quoi j’ai besoin, de quoi tu as besoin et pourquoi ?
La mise en place de cet espace nous a fait requestionner le système monétaire usuel :
Étant donnée que la matière qui arrive ici n’est pas payée, la valeur monétaire qui lui avait été antérieurement assignée lui a été retirée (le dernier transfert de propriété de cet objet n’a pas été accompagné du transfert d’une valeur monétaire associée).
D’autre part, le fonctionnement de la structure qui permet que cette matière reste disponible (l’Alternateur) a un coût. Nous avons replacé ce coût là où il se situe réellement pour l’association, par une adhésion annuelle plus conséquente qui permet de couvrir les frais de fonctionnement de l’association. Nous enlevons ainsi la nécessité de chiffrer la matière dans un processus de vente.3. Fonctionnement de la matériauthèque
La matériauthèque est un espace collectif.
La matériauthèque se constitue d’utilisateurs de l’espace (et non de consommateurs de ressources) qui ont accepté de gérer cet espace collectivement en partageant ses frais, en participant à sa gestion, en adhérant à ses valeurs qui la constitue et à ses contraintes qui en découlent.

Partage des frais :
Une adhésion annuelle est demandée qui sera renouvelable à sa date anniversaire.
Elle permet de pouvoir se servir librement (sans échange monétaire à chaque passage) dans le stock de la matériauthèque.
L’adhésion marque l’arrivée et l’engagement de l’adhérent en tant que membre à part entière de la commission matériauthèque, mais aussi de l’Alternateur même.
Elle est immuable quel que soit son niveau d’implication : qu’ielle décide de participer activement à sa gestion ou d’uniquement préhender* quelque chose dans le stock collectif.
Elle constitue sa première participation à ce commun (la matériauthèque) en tant que membre conscient de son positionnement dans un groupe faisant collectif.
Additionnées, ces adhésions permettent de couvrir les charges de fonctionnement de la matériauthèque (la location de l’espace et la taxe foncière) et en partie celles de l’Alternateur (téléphone, site web, internet, assurance du lieu, assurance du camion, l’indemnité du potentiel volontaire en service civique) qui sont complétées par les autres commissions de l’association (L’Atelier, Les Événements, Les Scénographies, etc).
La somme de ces charges est actuellement chiffrée entre 10 000 et 13 000 euros annuels pour la matériauthèque.
À l’image de nos valeurs, cette adhésion se veut sensible aux différents modes de vie de chacun tout en posant les besoins nécessaires de l’association à couvrir pour qu’elle puisse exister.
Elle distingue les individus des structures (collectivités, associations, troupes, entreprises, etc.).

• Elle est à prix libre au sein d’une fourchette qui propose une valeur minimale (laquelle ne permet pas de couvrir les nécessités de l’association mais permet l’adhésion des personnes qui ne pourraient pas se le permettre sinon) et une valeur haute (laquelle devrait permettre de couvrir les besoins de l’association). Cette valeur haute peut être dépassée si l’adhérent le souhaite, par exemple : ielle considère que son utilisation de la matériauthèque lui a clairement profité et qu’ielle veut reverser une partie du bénéfice retiré en soutien à l’association.
Adhésion Individu : 50 euros à 100 euros
Adhésion Structure : 100 euros à 300 euros
Pour chaque adhésion matériauthèque, 10 euros seront considérés comme une adhésion à l’Alternateur et seront reversés dans le compte commun pour compléter l’apport des frais en charge.
Une adhésion journalière à la matériauthèque et à l’Alternateur reste possible pour celleux qui ne fréquentent pas régulièrement la matériauthèque. Elle est de 10ct par jour et elle permet de se servir dans la matériauthèque selon l’ancien système d’attribution de prix. Cette adhésion est envisagée pour permettre aux personnes de passage d’utiliser la matériauthèque.

Location d’éléments de décors, costumes, etc

Le stock de décors et de costumes de la matériauthèque est accessible à la location. Pour les adhérents à l’année de la matériauthèque, la location est accessible de la façon suivante :
– à chaque location est établit un contrat de location comportant date d’enlèvement et date de retour ainsi que le numéro de téléphone.
– chaque location s’accompagne d’une caution. Elle est de 300€ maximum pour les locations et elle est à déterminer au cas par cas. En cas de dégradation du matériel loué, l’association se réserve le droit de garder tout ou partie de la caution. Néanmoins, s’il le souhaite, l’adhérent a la possibilité de venir réparer les dégradations lors des temps d’Autoprod (temps d’ouverture au public de l’atelier de l’association). Dans ce cas, le prix des matériaux et des consommables sera pris sur la caution.
– à chaque retour de location vous sera proposé un prix libre en fonction des possibilités que vous aura ouvert cette location.
– un temps est à prévoir de la part de l’adhérent qui loue lors du retour de la location afin de faire un état des lieux des objet loués. En cas de non retour des éléments loués, l’adhérent se verra refuser l’usage de la matériauthèque jusqu’à retour de la location.
En cas de problèmes récurrents avec un adhérent, nous vous renvoyons à la lecture du dernier paragraphe de la présente charte.

 

 

3.Participation à la gestion

Chacune des personnes adhérentes à l’association est invitée à prendre part à  l’organisation matérielle des choses selon le niveau d’implication qui lui convient.
Même l’implication la plus infime a un effet manifeste sur le reste de l’organisation et est, à ce titre, considérée comme une partie à part entière de l’association.

Engagement niveau : “Bravo, tu as trouvé la porte d’entrée !”

Venir prendre et donner des choses dans la matériauthèque. Quand un adhérent vient préhender des choses dans la matériauthèque :
Il n’existe pas de rapport de proportionnalité entre la quantité de matériaux ramenés, le temps passé, etc. et la quantité ou la nature des matériaux que chaque adhérent peut prendre. La contrainte n’est ni quantitative, ni qualitative. La seule contrainte présente est une contrainte morale qui se définit seulement par le contexte d’utilisation de la matière.
Ce contexte d’utilisation de la matière est celui de l’usage personnel (et/ou collectif).
C’est-à-dire qu’un projet se définit par une quantité de matière nécessaire à sa réalisation.
Donc, la quantité de matière est contrainte par la réalité physique du projet. Il s’auto-définit par lui-même !
Exemple : Je veux fabriquer une table avec un plateau en bois. Je peux choisir ces matériaux parmi ceux dans la matériauthèque comme je veux : mon plateau peut être en bambou, en contre-plaqué ou en chêne massif etc … Si je veux une table pour deux, ce ne sera pas la même quantité matière que pour une table de douze personnes. C’est le projet qui contraint ses propres besoins en matière. Et si vous avez besoin d’une table pour douze, ne vous restreignez pas à une table pour deux !
Aussi, la matériauthèque n’est pas destinée à être un lieu permettant l’accaparement des ressources, ni un lieu permettant la spéculation sur ces ressources.
Est donc interdite la revente de matériaux à l’identique (sans plus-value ajoutée).

Quand une personne veut donner des choses dans la matériauthèque :
Un don désigne la perte de la propriété individuelle de la personne sur la matière.
Un don à l’association est considéré en soi comme un échange réciproque entre une personne ne pouvant plus entretenir ou avoir usage de sa matière et qui désire trouver une solution pour qu’elle soit réemployée à travers l’association, qui prend en charge cette matière. Ce don peut aussi être considéré comme nul étant donné que la personne qui donne fait aussi partie de l’association par son adhésion. La personne qui met en commun cette matière fait partie de ce commun, on peut donc voir ça comme un don à un groupe dont ielle fait partie.
Par ailleurs, il n’est pas obligatoire d’adhérer à l’association pour faire un don.
Aussi, un don ne peut donc pas être considéré comme valeur d’échange contre une adhésion (non non non) ou arrangement autre.

La matériauthèque n’a pas pour vocation de privatiser des espaces pour des usages individuels.

Qu’est-ce qu’il est possible (de récupérer/donner) :

Tout est récupérable mais la matériauthèque ne peut pas tout récupérer. La capacité de ce lieu peut sembler infinie, néanmoins, au vu de nos nombreuses expérimentations, de cet espace qui décidément ne s’agrandissait pas, de ces objets qui arrivaient toujours là un jour pour ne jamais repartir et de cette matière qui n’avait jamais la place pour être accueillie décemment, nous nous sommes décidés à spécifier ce qu’il serait possible d’accepter.
Nous pensons que les objets produits massivement par l’industrie imposent une mode qui est l’une des origines du consumérisme. C’est pourquoi nous avons choisi de nous concentrer principalement sur la récupération de la matière (et non pas des objets finis).
L’espace est le facteur limitant de l’élaboration de ce stock de matière. Ainsi, priorité est donnée à la constitution et au maintien des stocks de matières (bois, métal, tissus, quincaillerie, mousses, sangles, passementerie, isolants, …).
Les machines-outils sont également acceptées (car elles permettent le travail de la matière).
Ensuite, s’il reste de la place, deux types de choses peuvent être acceptées : d’une part, certaines pour leur matière, laquelle reste utilisable après la fin de vie de la chose ; d’autre part, certaines choses peuvent être acceptées dans le stock au vu de leur utilité courante (ex. sommier, matelas). Dans ces deux cas, seuls quelques exemplaire de chaque type d’utilité pourront être présents en même temps dans le stock.
Quelques exemples concrets :
– Ne sont plus acceptés : les meubles en aggloméré, les objets de décoration, l’électro-ménager et autres appareils électriques ainsi que les chaussures.
– Sont admis (dans la limite des espaces disponibles) : les chaises, les lits, les sommiers, les tables, les meubles en bois massif, l’électronique son et lumière (sous réserve de l’expertise des membres bénévoles chargés de cette partie).
– Les livres peuvent transiter par l’Alternateur dans le but d’être scannés pour être envoyés à Recyclivre uniquement s’ils sont scannés par la personne qui en fait le don.
– les habits sont acceptés s’ils sont rangés par la personne qui en fait le don.
Quel que soit le cas, l’acceptation des dons au sein du stock est soumise à l’avis du bénévole expérimenté présent à la permanence de la matériauthèque ou à une décision collégiale prise lors des réunions du mercredi.

Les moments où tout cela est possible

Le mercredi de 10h à 12h et de 13h30 à 16h, le jeudi de 17h à 20h et le samedi de 9h30 à 13h. Ce sont les heures d’ouverture de la matériauthèque.
Considérés comme des rendez-vous de la vie associative, et l’association étant majoritairement de culture orale, c’est durant ces moments de rencontre entre tous les utilisateurs de la matériauthèque que transitent les réflexions attenantes à sa structuration et à son fonctionnement.
Ils permettent, outre l’aspect informatif, de maintenir un état cohérent entre les différents usages internes à la matériauthèque, de permettre sa modification au fil des expériences échangées, et de pouvoir partager les réalités associatives par le maintien du contact humain.
Ces horaires permettent par ailleurs de rester aussi en cohérence avec les autres usages (espaces privés) et usagers des autres structures présentes sur l’île du  Transfo.

 

Engagement niveau : “Tu commences à venir pour le goûter”

Gestion des choses : gestion interne – danse de la matière : le rangement du mercredi !!

Un second niveau d’implication se constitue autour des manipulations nécessaires à l’entretien de la matière dans l’espace de la matériauthèque. Il s’agit de son tri, de son rangement, de son arrangement dans l’espace, de sa possible remise en état ou bien
alors de sa restitution en état initial par la déconstruction, le démontage, etc.
En parallèle de l’aspect pragmatique et pratique de cette organisation factuelle de l’espace et de la gestion de son stock, ranger amène une réflexion sur la matière même. Ainsi, ce temps de rangement nécessite des discussions.
Pour être plus précis·e, l’organisation de la matière dans la matériauthèque est en constant changement, c’est un mouvement dont chacun·e est à l’initiative 🙂 .
Pour autant, cette organisation reste collective et nécessite une concertation entre les membres de l’association qui souhaitent s’y investir. Dans tout nouvel agencement des choses il y a la prise en compte que ce sont des décisions collectives, que cet espace est géré collectivement et que les décisions relatives à son agencement prennent place au sein du collectif. Il ne s’agit pas d’imposer aux autres le fonctionnement de tout ou partie de l’ensemble, mais bien d’agir et de réfléchir aux liens entre les parties qui forment cet
ensemble, l’ensemble humain, l’ensemble matière, l’ensemble humatière ?
(il faut aussi dire que c’est cool)
Si le rangement de la matériauthèque peut vous paraître nébuleux, il l’est autant pour les bénévoles qui tiennent les permanences.
L’organisation est en constant changement et nous avons quelques éléments pour l’aiguiller : par exemple la connaissance du stock existant. Quand vous apportez quelque chose, vous apportez aussi des suggestions sur la manière de ranger ce quelque chose, ainsi que la prise en charge de ce rangement autant que possible. C’est une manière d’accompagner cette matière jusqu’au bout du processus, et pas seulement d’en déléguer
la gestion exclusivement aux bénévoles présent·es à ce moment là.
Le rendez-vous hebdomadaire du rangement est tous les mercredi après-midi à partir de 14 h (accueil café -thé à 13h30). On commence le temps de rangement par une discussion qui sert à définir la suite de l’après-midi. Afin de pouvoir organiser ce temps au mieux, il est conseillé de prévenir de sa présence par le moyen de contact de son choix. (mail : lalternateur@laposte.net et tel : 06.89.31.42.12) .
(Si vous prévenez à l’avance, il y aura peut-être du gâteau … )

 

Engagement niveau : “Tu commences à te préparer le café”

Gestion de la matière : Entrées – Sorties: participer à la gestion de l’association

Les suivants niveaux d’implication se retrouvent dans les activités nécessaires au fonctionnement de l’association. Elles requièrent au préalable une mise au fait des divers usages et formes de gestion de l’association qui peuvent se faire par une simple discussion ou alors par un accompagnement plus long selon les envies et les besoins de chacun.

Permanences Matériauthèque :
Les permanences de la matériauthèque sont tenues collectivement par les membres de l’association. Tenir les permanences de la matériauthèque signifie être présent aux horaires d’ouvertures afin d’accueillir les autres adhérents, de gérer les entrées et sorties de matière et d’argent et d’être au fait des quelques éléments de gestion administrative à tenir.
Ces permanences sont réparties mensuellement tous les premiers mercredi de chaque mois durant la réunion du mercredi matin.

Les Récup’
Parce que c’est un peu ça qui entraîne le mouvement (dans la matière).
Outre les dons de particuliers et de compagnies qui arrivent souvent en petite quantité, il arrive que l’association soit sollicitée pour aller faire ce que l’on appelle communément des “plans récup”.
Ces plans récup sont ce qui permet d’amener dans la matériauthèque des matériaux en grande quantité et de grande dimension. Leurs provenances sont assez hétéroclites (salle de spectacle, compagnie de théâtre, usine, éleveur, particulier…).
Ces récups ont comme limites posées la capacité spatiale de l’association et la quantité d’énergie disponible pour chacune des personnes souhaitant y participer.
Il a été posé que l’association n’avait pas aujourd’hui la structure ni l’énergie humaine pour  entreprendre de débarrasser les déchets des autres structures demandeuses sauf dans les cas spécifiques ou cette demande entraîne la participation active de l’autre structure demandeuse et que celle-ci est petite (ces cas se discutent au cas par cas).
L’association ne peut donc pas tout prendre.
L’acceptation des plans de récup est basée sur la possibilité pour l’association de choisir les éléments qu’elle récupère. Au vu des capacités actuelles de l’association, elle se font dans la limite du volume d’un camion de 20 m3 par récup, ou à peu près.
Ces temps engagent la préparation en amont de la récup (montage d’une équipe – choix de la date – réservation du moyen de transport), la récup à proprement parler (trajets – chargements – déchargement) et leur restitution dans la matériauthèque (rangement – démontage).
Nous fonctionnons aujourd’hui avec un défraiement du moyen de transport, que nous demandons dans la mesure du possible à la structure donneuse.
Chacun de ces points est discuté entre tous les membres de la matériauthèque lors des réunions des mercredis matin (dont nous reparlerons d’ici plus très longtemps tout pas loin).
Si tu es intéressé-e-s nous t’invitons à t’inscrire sur la liste des personnes à contacter ! (dans la guérite)

L’extériorisation de la matière
Le contexte actuel de surproduction environnant implique des trop plein de matière qui stagnent à long terme, or la matériauthèque n’a pas vocation à être une déchetterie à ciel fermée. En parallèle, certaines matières présentes dans la matériauthèque pourraient potentiellement (peut-être on ne sait un peu ou pas) être utilisée de manière plus efficiente dans un contexte autre (la question de l’efficience de l’usage de la matière sera
abordée lors d’un autre exposé). Ces deux réalités nécessitent de trouver des voies pour extérioriser la matière d’une façon qui soit en accord avec les principes portés par l’Alternateur.
Au jour d’aujourd’hui, il n’existe pas encore de système entièrement satisfaisant mis en place. Les différentes sorties de matière sont dispersées dans les différentes ressourceries et recycleries de l’Avant Pays Savoyard, Emmaüs, dans le réseau de recyclage de livre avec Recyclivre et à la déchetterie.
La recherche du bonheur est permanente car évolutive selon le contexte. Elle sera retransmise et discutée régulièrement durant les réunions du mercredi.

Gestion de l’association hors matériauthèque
Certaines choses ne font pas partie de la matériauthèque mais sont nécessaires à sont fonctionnement :
La matériauthèque est une partie de l’association l’Alternateur, au même titre que l’atelier et que la commission événements. En conséquence certains points de fonctionnement sont partagés entre eux. Ces points ont des implications pour l’ensemble de l’association l’Alternateur, elles sont donc portées par les membres du CA ou assimilés.
Ces points regroupent notamment la gestion administrative (prise en charge de la comptabilité, gestion des assurances du local et des camions, relations avec le propriétaire, etc) et la gestion communicative (réception des messages reçus sur l’adresse mail, le téléphone et par voix postale ; édition des éléments de communication).

 

Engagement niveau : “Quand tu pars tu dis “à demain” “

Prises de décision dans/à la matériauthèque
Tous les usages et toutes les directions que peut prendre la matériauthèque trouvent leur émergence lors d’un temps de discussion et de décision qui prend place tous les mercredi dans la guérite de l’Alternateur en milieu-fin de matinée.
Ces discussions sont le lieu de partage d’informations et de prises de décisions liées à l’actualité de la matériauthèque.
Il n’y a pas d’ordre du jour fixé à l’avance, chacun des membres présents amène les points qu’il a en tête au fur et à mesure ainsi que selon les messages reçus sur la boite mail de l’association et sur le téléphone durant la semaine.
Un compte rendu de cette réunion est édité chaque semaine, dont chaque adhérent peut demander l’envoi.
De manière générale, prennent place durant ces discussions :
L’attribution des prises de permanences de la matériauthèque (chaque premier mercredi du mois).
La gestion des différentes récups et des dons.
La gestion de l’extériorisation de la matière.
La gestion des locations de la matériauthèque : passage d’information sur le jour de départ et le jour de retour.
La gestion des différents partenariats et conventions établis avec d’autres structures.
C’est aussi un temps de débat où chaque personne peut trouver l’espace d’exprimer son ressenti (oh! cher idéal!) quant au fonctionnement de l’association et le remettre en question. La forme de la matériauthèque n’est pas figée, elle est vouée à bouger selon les envies/besoins des gens qui s’y impliquent.
L’édition de cette présente charte en est l’exemple type.
Toute personne adhérente est invitée à participer à ces temps d’échange si ielle veut participer à l’émergence de toutes ces choses, notions, agir sur les décisions prises et/ou s’investir plus amplement dans l’association.

L’engagement de ce projet est à l’image des convictions des membres qui le portent au jour de la rédaction de la présente charte.
C’est pour cela qu’il est important que chaque membre entrant soit conscient de la nécessité d’un temps d’adaptation (d’observation) lors de son arrivée dans l’association. Ce temps permet de percevoir les enjeux des réunions et les valeurs qui y sont liées, le temps également pour le groupe (c’est-à-dire le membre entrant et le groupe en place) de pouvoir faire émerger une manière de faire, de travailler, de pratiquer, de concevoir
ensemble la matériauthèque.
Ainsi il est important de dire que les individus et les collectifs qui ne se retrouvent pas dans cette charte et ses règles morales sont libres de s’organiser à leur tour. Il est tout à fait possible de faire mieux ici, de faire autrement et aussi ailleurs (inspiré de l’Insolente, 2019).

 

Cette charte est modifiable lors des assemblées générales de l’association.